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Techniques de piégeage préventives

En temps normal, un chien ne devrait pas se promener en forêt sans laisse et sans la supervision de son propriétaire. Toutefois, plusieurs personnes ignorent qu’au Québec, il est illégal de laisser un chien errer là où il y a du gros gibier. D’autres ne sont pas conscientes des dangers auxquels leur chien peut être exposé et des dommages qu’il peut causer si elles le laissent se promener sans surveillance. Dans un même ordre d’idée, une partie de la population ignore que le piégeage existe toujours et qu’il est pratiqué un peu partout dans notre province. Ainsi, des captures accidentelles peuvent arriver, et c’est bien souvent le trappeur qui a le mauvais rôle dans les médias.

Des problématiques peuvent aussi survenir lorsque le territoire est partagé entre des piégeurs et des chasseurs avec chiens. Ces derniers ne peuvent pas tenir leur chien en laisse pour pratiquer leurs activités. La proximité à laquelle ils se trouvent de leur animal et le contrôle qu’ils exercent sur lui permettent d’éviter bien des problèmes, mais occasionnellement, un accident peut tout de même arriver.

Pour toutes ces raisons, la FTGQ, avec l’aide de plusieurs partenaires, a conçu différents outils de sensibilisation dans le but d’aider à réduire les risques de captures accidentelles. Cette section du site web propose des techniques permettant de limiter les captures accidentelles de chiens pour les trappeurs qui se trouvent dans des zones à risque d’interaction avec des animaux de compagnie. Les techniques qui suivent seront principalement orientées pour la capture de ratons laveurs et de pékans, puisque la grande majorité des problématiques survient lors de la capture de ces espèces en milieux agricoles et agroforestiers.

Techniques de piégeage au sol

Il apparaît évident que les techniques aux sols sont les plus à risque en regard du potentiel en capture de chien. En considérant que pour les piégeurs de ces espèces, les techniques au sol s’avèrent souvent plus productives en termes de capture de raton et de pékan, une recherche a été effectuée pour tenter de présenter des techniques ou approches alternatives aux piégeurs. Les trois techniques qui suivent ont été expérimentées par un trappeur ontarien, M. Bill Davies, et présentées dans l’édition d’octobre 2012 de la revue Canadian National Trappers Alliance.

Technique avec chaudière et appât (utile pour le raton et le pékan)

Pour effectuer cette technique, il faut d’abord trouver une chaudière, idéalement de forme carrée (pour plus de stabilité). Après, il faut couper deux encoches sur ses côtés de façon à pouvoir faire passer les ressorts d’un piège en X n° 220 (voir figure de droite). Par la suite, il faut couper le couvercle d’origine de la chaudière selon les spécifications du 1 er croquis et le fixer dans le haut de son embouchure. Vous devez ensuite placer le piège et l’appât. Une fois cela fait, il ne reste plus qu’à stabiliser la chaudière au sol grâce à une tige de métal en forme de U (symbole U inversé)(tel qu’illustré en rouge sur l’image). La plupart des animaux à fourrure visés vont passer sous le couvercle puis être capturés dans le piège. Les chiens, eux, vont avoir tendance à pousser le couvercle et déclencher le piège sans être capturés. chaudiere_site

 

Technique à la passe avec obstacles naturels (à utiliser dans les sentiers de ratons)

Passe

Une autre méthode consiste à croiser deux branches à environ 30 cm de chaque côté d’un piège en X. Ensuite, ajoutez un bâton de façon à ce qu’il chevauche les deux croix (voir les images ci-dessus). Finalement, il faut trouver du matériel permettant de cacher le système (du foin, des branches, etc.). Les chiens vont avoir tendance à contourner ou à sauter par-dessus le dispositif alors que les animaux à fourrure vont passer dans le système puis être capturés.

Technique avec tunnel grillagé (à utiliser dans les sentiers de ratons)

tunnel

Il est aussi possible de confectionner un corridor pliant à partir d’un grillage métallique et de l’installer par-dessus un piège en X. Il est recommandé d’utiliser du grillage de 76,2 cm (2,5 pi) de large, de calibre 14 avec des carreaux de 5,08 cm x 5,08 cm (2 po x 2 po). Vous pouvez couper le grillage d’une longueur d’environ 61 cm (2 pi). Vous devez aussi utiliser une tige de métal en forme de U (remplacer par symbole) pour ancrer le grillage au sol (illustré en rouge sur l’image ci-dessus). Une fois que le système est en place, il reste à le recouvrir à l’aide de branches, de foins, etc. pour le dissimuler. Comme c’était le cas pour la technique précédente, les chiens vont être portés à contourner ou à sauter par-dessus l’installation.

Techniques de piégeage en hauteur (raton, pékan, martre et belette)

Les pièges surélevés empêchent assurément les captures accidentelles de chien, en plus d’éviter des captures de moufettes non désirées par le piégeur. Les trois approches qui suivent sont présentées en profondeur dans le manuel PGAF qui vous a été remis lorsque vous avez suivi votre cours de piégeage. Elles ont pour particularité d’installer un piège en hauteur, ce qui rend une interaction avec un chien impossible.

Boîte-piège sur une perche horizontale

boite

En résumé, cette technique consiste à installer un piège en X dans une boîte de bois que l’on suspend, sur une perche, à environ 1,5m (4 pi 6 po) du sol. (Pour plus de détails, consultez le chapitre 4 du manuel PGAF aux pages 25 à 27.)

Piège en x sur un billot incliné ou horizontal

Comme son nom l’indique, cette technique consiste à installer un piège en X  en hauteur, sur un billot incliné ou horizontal. Dans le cas d’un billot incliné, il faut s’assurer que l’extrémité surélevée de la perche dépasse l’arbre sur lequel elle est fixée d’environ 1m (3 pi 4 po) et se situe à au moins 1,8m du sol (6 pi). De plus, il faut distancer le piège d’environ 75 cm de l’arbre de soutien. (Pour plus d’informations, consultez le chapitre 4 du manuel PGAF aux pages 27 à 29.)

La jupette

En résumé, pour effectuer cette technique, on doit commencer par fixer une perche inclinée à un arbre. Au-dessus de cette perche, sur l’arbre de support, on installe un piège en X que l’on cache avec des branches. (Pour plus de détails, consultez le chapitre 4 du manuel PGAF aux pages 29 et 30.)

Les pièges à rétention (canidés, lynx, ratons)

L’utilisation de pièges à rétention peut être une solution à envisager lorsque vous vous trouvez sur des zones où le risque de capture de chien est élevé et que vous avez la possibilité de visiter fréquemment vos installations (aux 24 heures). Dans un même ordre d’idées, la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) nous a mentionné que le fait de privilégier l’utilisation de ce type de pièges, avant le 15 novembre, dans les zones à risque, couvre-patteserait une bonne façon d’éviter des captures mortelles de chiens de chasse.

Comme vous le savez sûrement déjà, il existe plusieurs sortes de pièges à rétentions. Certains sont très sélectifs et permettent de cibler uniquement le raton laveur et évitent tous risques de captures accidentelles d’animaux dde compagnie. Ainsi en ce qui concerne spécifiquement le raton, actuellement quatre modèles de pièges couvre-patte ont passé les tests de conformité aux normes internationales de piégeage sans cruauté. Il s’agit des pièges Egg trap, Duffer, Lil’ Grizz Get’rz et Duke DP.

Pour les canidés (renards, coyotes et loups) et les lynx, l’utilisation des pièges à mâchoires certifiés (avec mâchoires coussinées, laminées et décalées) ou les lacets s’avèrent très sécuritaire et présente très peu de risque de blessures advenant la capture accidentelle d’un chien.

Pièges loup

Une bonne communication peut aussi éviter des accidents

Lorsque vous obtenez l’autorisation d’une personne pour trapper sur son terrain, pensez à vérifier s’il a donné d’autres autorisations (à des randonneurs ou à des chasseurs, par exemple). Évidemment, il est aussi important de demander au propriétaire s’il a des chiens.

Dans un même ordre d’idées, quand vous piégez sur des territoires fauniques structurés (réserves fauniques, Zecs, pourvoiries), renseignez, si possible, les responsables du poste d’accueil pour leur montrer la zone approximative où vous piégez et à partir de quel moment vous êtes actifs. De cette manière, le personnel de ce territoire aura la possibilité d’avertir les autres utilisateurs afin qu’ils redoublent de vigilance.

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Bien sûr, lorsque vous rencontrez des personnes qui se promènent avec leur chien à proximité de vos installations, il est important de leur mentionner que vous avez des pièges armés dans les parages et qu’ils doivent garder leur chien en laisse.

Si vous en avez l’occasion, vous gagneriez aussi à leur glisser quelques mots sur ce qu’est le piégeage, pourquoi vous le pratiquez et quel sont les avantages qu’il procure à la société (diminution des dommages sur les propriétés privées et les infrastructures publiques; diminution de prédation du bétail, des animaux de basse-cour et des animaux de compagnie; diminution des risques de propagation de maladies et de parasites, etc.).

Il faut toujours garder en tête que nous sommes plusieurs à partager un même territoire et que chacun doit y mettre du sien pour permettre une coexistence harmonieuse. En faisant notre possible pour éviter les captures accidentelles et en prenant le temps d’informer et de sensibiliser les autres utilisateurs du territoire, notre image ne s’en portera que mieux.

Différents outils de sensibilisation ont été créés à cet effet.

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