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Communiqué de presse

LE MILLION D’UTILISATEURS DES TERRITOIRES FAUNIQUES MÉRITE PLUS DE CONSIDÉRATION DANS LA RÉVISION DU RÉGIME FORESTIER

Québec, 23 juillet 2008
Les gestionnaires fauniques du Québec, représentés par la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs, la Fédération des pourvoiries du Québec, la Fédération québécoise pour le saumon Atlantique et la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec, craignent que la révision du régime forestier, en pleine crise forestière, ne se traduise par une recherche de diminution de coûts de la fibre plutôt qu’un réel projet d’avenir qui assurerait la durabilité de l’ensemble des ressources de nos forêts, notamment à l’intérieur des divers territoires fauniques que sont les zecs, les rivières à saumons, les pourvoiries, les territoires de trappe ainsi que les réserves fauniques.

En effet, le document de travail à L’occupation du territoire et la constitution des sociétés d’aménagement des forêts, publié par le gouvernement le 19 juin 2008, traite essentiellement de production de volume de bois et de diminution des coûts d’approvisionnement dans le but d’alimenter les usines de transformation du bois. Il y est aussi question de donner l’exclusivité d’une forte proportion des territoires publics les plus riches à la production intensive de bois. En aucun cas dans le document il n’est question de la vision du gouvernement pour les autres utilisations de la forêt dont la faune et le récréotourisme. Pire encore, il n’y est aucunement question des impacts de l’exploitation forestière sur les autres secteurs d’activités, malgré l’importance économique et sociale de certains d’entre eux. Le gouvernement néglige ainsi l’un des principaux éléments à l’origine de la crise de confiance du public envers sa gestion des forêts. Celui-ci préfère déléguer toute décision concernant la gestion intégrée des ressources, qui assure la prise en compte des multiples usages et ressources de la forêt, à un niveau plus régional. De plus, aucun moyen financier pour assurer la mise en oeuvre d’une réelle gestion intégrée adaptée au contexte des territoires fauniques n’y est prévu. L’ensemble du financement disponible semble plutôt orienté vers la production intensive de bois. Les régions risquent donc d’être condamnées à porter l’odieux d’une décision déjà prise, soit de donner la priorité à la production de bois, et de reléguer les besoins des autres secteurs au niveau de contraintes, sans tenir compte des avantages qu’ils représentent, tels que la diversification des industries régionales, les retombées économiques générées par ces secteurs, etc.

Les gestionnaires fauniques considèrent donc que ce document de travail est incomplet, qu’il ne fournit pas les détails nécessaires pour mesurer les répercussions que cette refonte majeure aura sur leur territoire et qu’il ne garantit pas le maintien des avantages socio-économiques multiples que procure la forêt. Ce principe est pourtant à la base même de la Loi sur les forêts. Plus dπun million d’utilisateurs fréquentent annuellement ces territoires fauniques; ils méritent que la révision du régime forestier soit effectuÈe en respect de leurs attentes et selon un processus qui assurera la prise en compte des besoins actuels et futurs des différents secteurs.

En 2004, le rapport Coulombe contenait un message clair : Voir la forêt comme un tout. Il recommandait également que les territoires fauniques structurés se voient accorder une protection particulière dans le but d’assurer le respect des différents usages en place. Lors du Sommet sur les forêts, tous ont convenu qu’il fallait parler de valeur plutôt que de volume, ce qui permettrait de voir l’ensemble des retombées des multiples usages, de même que la valeur réelle du bois produit, et ainsi faire de véritables choix d’amènagement permettant de répondre aux diverses attentes de la population québécoise. À la lecture du document, ces messages ne semblent pas avoir été entendus.

Les gestionnaires de territoires fauniques souhaitent donc que le gouvernement adopte, en concertation avec eux, une véritable vision de l’occupation du territoire public avant toute délégation de gestion. La mise en oeuvre de celle-ci devrait s’inspirer des recommandations du rapport Coulombe et des divers consensus établis lors du Sommet sur la forêt, en décembre dernier. Sans cette prémisce, les conflits ne feront qu’augmenter entre les différents secteurs qui oeuvrent en milieu forestier. Les représentants des gestionnaires sont prêts à soutenir le gouvernement dans cette tâche et ainsi en faire un projet qui permettra l’adhésion de leurs membres et clients.

Les gestionnaires des divers territoires fauniques ont été mandatés pour assurer une saine gestion de la faune sur leur territoire afin de la mettre en valeur et d’en assurer la pérennité. Ils entendent participer pleinement à la refonte d’un régime qui aura des répercussions significatives sur la faune, les habitats, et l’attrait du territoire public pour la population. Aussi, ils évaluent actuellement la possibilité d’implanter un mécanisme afin d’obtenir l’appui des multiples utilisateurs qui fréquentent les territoires fauniques et de faire connaître à la population de quelle façon sont ou seront, réellement aménagés ces territoires. Il en va de l’avenir du secteur faunique et de l’héritage que nous laisserons à nos enfants.

Source :
Jonathan Leblond, ing.f.
Fédération des pourvoiries du Québec
418-877-5191 #235
jleblond@fpq.com

Me Dominic Dugré
Fédération des pourvoiries du Québec
418-877-5191 #232
ddugre@fpq.com

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